Blog de Serge Brière

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01janv. 2010

Voeux présidentiels pour 2010 : le mot "Europe" n'a pas été prononcé une seule fois

En 2003, sous l'impulsion de Jacques Chirac, la France s'est opposée aux États-Unis sur la question de la guerre en Irak, avec un très large consensus de l'opinion mais sans aucune décision commune au niveau européen : une fois de plus, l'Europe n'a pas su parler d'une seule voix.

Cette absence de décisions au niveau européen semble se poursuivre sous la présidence de son successeur, qui s'était pourtant repeint en européen convaincu en 2009.

En effet, après s'être vu sauveur de la planète à Copenhague, le Président a déclaré, lors de ses vœux pour 2010 : "les idées que la France défend vont pouvoir s'imposer dans la recherche d'un nouvel ordre mondial". Vœux dans lesquels le mot "Europe" n'a pas été prononcé une seule fois, un an seulement après la présidence française de l'union (voir vœux de 2009) !

En revanche, le Président a réaffirmé sa volonté d'une réorganisation territoriale, à trois mois des élections régionales. Manque d'intérêt pour la question européenne ou vulgaire électoralisme, comme Jean-François Kahn en flingue chaque semaine dans ses bloc-notes ?

Image : BFM, DR.

05nov. 2009

Deux réflexions sur l'aveu de Nicolas Sarkozy

Voici un extrait évocateur de l'article du Parisien d'aujourd'hui : « il [Nicolas Sarkozy] a admis, indiquait-on hier à l'Elysée, avoir commis une erreur sur l'arrivée de son fils cadet Jean, assurément programmée, à la tête de l'EPAD, l'organisme gérant le quartier d'affaires de la Défense. »

L'élection de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD était donc bien issue de sa volonté, et non uniquement de l'ambition de Jean Sarkozy comme l'envisageait l'hypotèse émise par André Santini (interview France Info).

Le journaliste indique ensuite que « le chef de l'Etat estimait qu'à partir du moment où le président de l'Epad n'a ni salaire, ni bureau, ni voiture avec chauffeur, l'affaire ne poserait aucun problème. »

Deux réponses sont possibles face à cette question posée en ces termes par J-F. Kahn : « Comment le chef de l'Etat, excellent tacticien, a-t-il pu commettre une telle erreur ? » ("Le bloc-notes de JFK", Marianne du 24 au 30 oct.)

  • soit cette manœuvre n'était qu'un moyen pour procurer à Jean Sarkozy une grande exposition médiatique, comme le soulignait Christian Delom sur son blog (article du 22 octobre) ;
  • soit Nicolas Sarkozy est légèrement coupé de la réalité, à l'image de François Bayrou pendant la campagne européenne, où personne ne lui avait alors signalé que programmer un incident pour discréditer Cohn-Bendit était risqué (voir article sur bocageocrate - L'oeild'@pis)...!
Quoiqu'il en soit, la phrase de l'écologiste Carine Pelegrin (MoDem) — qui a créé avec Christophe Grébert le groupe Facebook pour le renoncement de Jean Sarkozy — résume bien la situation : « Comme quoi nous n'avions pas tort de nous mobiliser ! »

Photo : AFP/DR
20oct. 2009

La fin d'un cycle ?

Commençons par dresser froidement un constat : il est beaucoup plus facile de tirer son épingle du jeu à l'UMP qu'au MoDem, y compris pour les jeunes. Certes pressurés, beaucoup de ces jeunes UMP sont mis en valeurs dans leur parti : jeunes en politique, jeunes tout court, parfois même les deux à la fois.

Jusqu'ici, le MoDem n'a pas fait preuve d'une grande volonté de rénovation dans ce sens : on attribue les postes de "Jeunes Démocrates" qu'en remerciements de plusieurs années de bons et loyaux services à l'UDF, on n'investit pas de jeunes aux élections*, on s'applique à ne pas mettre en avant les nouveaux élus locaux qui ont parfois fait des scores sans précédent, absence du critère de légitimité dans les investitures, etc.

Là encore, les personnalités les plus éthiques ou solides sont souvent celles qui ne réussissent pas le mieux en politique, tel que nous l'ont prouvé les derniers parachutages.

Ce formatage du personnel politique en in-siders excluant les out-siders, presque indispensable pour prendre la main — sans tomber dans les excès du « Tous les mêmes » —, a formé à terme une "caste" (y compris au MoDem), qui souhaite plus que tout se maintenir et se perpétuer : multiplication des dissidences artificielles, maîtrise des médias, découpage des circonscriptions, durcissement des règles en matière de financement, ...

Les conséquences en sont connues :
  • essor de la corruption, mobilisation de l'effort pour la réélection plus que pour le projet, et donc mauvaise gestion. Le cas Nicolas Sarkozy en est une parfaite illustration, comme n'a pas manqué de le souligner Jean-François Kahn, dans son bloc-notes de la semaine dernière. Selon lui, chaque nouvelle loi de cette diarrhée législative ne fait que surfer sur un feu de paille médiatique — « réactivité exemplaire ! » ;

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06juil. 2009

Ce qu'il faut réellement retenir de ce Conseil National

Samedi dernier se tenait le premier Conseil National du MoDem depuis le 7 juin. L'ambiance y fut électrique et la parole franche, dure parfois même.

Bien que toutes les décisions importantes aient été repoussées à l'UR, plusieurs interventions remarquées sont à retenir, notamment de Didier Bariani, Christophe Ginisty ou encore Corinne Lepage.

Celle de Didier Bariani tout d'abord, qui considère que le positionnement de François Bayrou aurait demandé « plus d'inventaire et moins de véhémence », et cela depuis septembre 2008 jusqu'à aujourd'hui — période où il fut très nettement en retrait du parti.

S'adressant directement à François Bayrou, il affirma que « la quête du Graal, cette indépendance politique que nous avons payée très cher — après votre succès à l'élection présidentielle —, très cher aux législatives, très cher aux municipales, méritait mieux que de se fondre dans une expression systématique contre le chef de l'Etat ».

Il conclut son intervention sur un nécessaire changement du pays, passant par un indispensable changement de stratégie politique au MoDem.

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