Assemblée générale du MoDem 92 : bis repetita
Suite à l'Assemblée Générale du MoDem 92, hier soir, je ne peux m'empêcher de constater le fossé qui se creuse entre la bonne ambiance et l'aspect ludique des réunions d'ex-MoDem, comme celle que nous avons eu récemment au Père tranquille, et la pression que l'on subit dans les réunions officielles du MoDem.
Ces réunions, toutes conduites avec les mêmes méthodes détestables, traduisent fort bien d'ailleurs la dérive sectaire vers laquelle le MoDem se dirige.
J'entends déjà les adhérents les plus légitimistes me répondre "Eh bien casse-toi alors !". En 2002, le slogan de Jean-Marie Le Pen était "La France, aimez-la ou quittez-la !", et en 2010 au MoDem nous avons "Le MoDem de François Bayrou, aimez-le ou quittez-le !" (facebook). Etonnant, non ?!
Après quelques minutes de l'habituel terrorisme intellectuel ("la faute à l'abstention", "les électeurs n'ont pas écouté notre message", "la fois d'après nous allons gagner", "la démocratie interne, ça ne veut pas dire faire n'importe quoi !", etc.), il aura fallu que Christophe Conway et surtout Christian Delom interviennent avec un propos un minimum plus sensé pour libérer la parole.
Bernard Lehideux ne put d'ailleurs s'empêcher de répondre à Christian, avec des arguments plus que douteux (attitude "déloyale" de Corinne Lepage, etc.), ce qui ne fut pas toujours apprécié par les quelques adhérents encore présents.
Manifestement, ceux qui en appellent à une utopique remise en marche de l'appareil sont surtout intéressés par une investiture aux élections cantonales, certains ayant même déjà annoncé leur candidature sur Internet.
Ces événements ne font que conforter les conclusions qu'avec d'autres, nous avons tiré depuis deux ans : le MoDem ne sera pas le nouveau parti du XXIème siècle.
Ces trois ans n'en auront pas moins été une très belle histoire, autour de laquelle ont pu se rencontrer des talents venus d'horizon différents.
Les milliers de contributions, émis pendant la construction du parti, toutes négligées, et même parfois délibérément ignorées (statuts, règlement intérieur, travaux des Commissions), constituent une formidable matière qui ne demande qu'à être utilisée.
Désormais, notre maison est là où nous sommes, et non là où l'on aurait voulu nous tenir en esclavage. Dans cette maison, déposons nos contributions et bâtissons enfin la structure et le projet dont la France a besoin.
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Précisons que cet article ne constitue en aucun cas un acte de démission de ma part. Sachant capables les instances du MoDem d'accuser de réception une démission que je n'aurais pas envoyée, comme elles l'ont fait pour Florian Chiron, cette précision me semble utile.





Commentaires
Bravo,
Votre article est très constructif et il est à des années lumières de la langue de bois que j'emploie parfois dans mes commentaires sur certains blogs. Si l'on part du postulat que c'est une chape de plomb qui a asphyxié le modem dans ses commissions et ses instances dirigeantes, alors je suis plutôt enclin à penser comme vous : pour redonner de l'oxygène au modem, il va falloir redynamiser le parti en redonnant la parole aux fédérations, aux cadres locaux et aux militants; je crois que l'on parviendra à résoudre l'antinomie absence de démocratie interne/ omnipotence des organes directeurs en favorisant le redéploiement des initiatives individuelles vers les fédérations et les commissions : la base doit enfin rejoindre le sommet !
Bien vu Serge.