Dolium croit en un « capitalisme social »
Nous savions déjà, depuis que François Bayrou nous l'a présenté à l'Union régionale d'IDF, que Alain Dolium se définit comme étant « un homme de gauche ». Il nous l'a confirmé hier à Boulogne-Billancourt, lors d'une rencontre qui a rassemblé environ 110 adhérents du MoDem 92.
Cela ne serait pas gênant s'il avait déclaré sur RTL : « y avait une possibilité de voir cette Gauche évoluer vers un espace politique qui soit plus à l'aise avec l'économie, et l'économie, je dirais, avec la liberté d'entreprendre ». La gauche, se revendiquant du socialisme (même si, notamment au PS, ce n'est plus qu'une posture), ne serait donc pas assez... libérale !
Et d'ajouter devant les militants du MoDem 92, qu'il croyait en un « capitalisme social ». C'est fou comme on peut opposer deux mots totalement opposés, en leur faisant ainsi perdre leur sens ! C'est le cas pour cette image de pub : « Full Hybrid ».
Il ne semble pas logique qu'un néo-libéral notoire, qui a exercé de surcroît des métiers comme le middle-management, puis la stratégie marketing actuellement, prétende appartenir à une famille de pensée de gauche. N'est-ce qu'une maladresse, ou bien n'est-ce qu'une posture politique, dont le but est d'attirer la sympathie de la partie la plus à gauche de notre électorat ?






Commentaires
Ça serait pas un billet polémique, ça ? ;-)
L'auteur serait-il pour l'interdiction d'entreprendre ?
Pour le développement social, propose-t-il d'interdire d'investir du capital dans une entreprise ?
Attention ... même le NPA n'est plus sur ces positions-là !
@FredericLN
Ce n'est pas ce que je dis. Je dis qu'on ne peut pas se prétendre "homme de gauche" lorsqu'on est libéral.
Et je dis que le terme "capitalisme social" n'a aucun sens. On aurait pu dire également "communisme néo-libéral"...!
Dites-donc, Serge : vous signez quand au NPA, au fait ?
Je trouve très bien le discours de Dolium, moi, et plutôt de bon augure pour l'IDF et le MoDem.
Si la liberté d'entreprendre qui est l'une des clefs du programme du MoDem vous paraît gênante, je comprends que vous ne vous y sentiez plus franchement à l'aise...
"Capitalisme" et "social" ne sont pas antagonistes mais font rarement bon ménage!!
Le capitalisme encourage la rémunération des capitaux, mais la spoliation des autres parties concernées (clients et fournisseurs, État, salariés et cadres, …) n'est *jamais* dans l'intérêt de long terme d'une société.
En revanche, je dois reconnaître que cela ne semble pas être dans les préoccupations d'Alain Dolium.
Quand je lui ai posé la question de la pauvreté et des SDFs (l'Ile de France est "championne" dans ces domaines :-( ) vendredi dernier je n'ai eu droit qu'à une réponse à côté de la plaque sur la cohésion sociale (qui serait contre?)...
Mais pas de réponse à la question?
Idem sur la notion de billet unique de transport. Dommage !! Espérons que le candidat qui sera retenu fera mieux!
:-)
Ah bon. Eh bien moi je suis pour la liberté d'entreprendre, et pour un capitalisme social.
Tout en étant convaincu que la liberté d'accumuler (des fortunes, des positions de force sur les marchés) n'a rien à voir avec la liberté d'entreprendre.
Et que le capitalisme est un système, qui ne sera social (environnemental, etc.), que selon les influences des différents acteurs du système (salariés, clients, etc.)
Et si la gauche partage ce genre de conceptions, ça me rapproche de la gauche.
Allons, Serge, pas de polémique à côté de la plaque, veux-tu ?
Primo, le PS a réaffirmé récemment (à la veille du congrès de Reims) qu'il inscrit son action dans le cadre de l'économie de marché. Le temps où Mitterrand déclarait, au congrès d'Epinay (1971), "celui qui ne consent pas à la rupture avec la société capitaliste, celui-là ne peut pas être adhérent du parti socialiste" est donc largement révolu.
Secundo, la notion de "capitalisme social" n'a rien d'aberrant. Ce serait même une vision assez gaullienne. Il s'agirait de faire en sorte que les entreprises se développent via l'économie de marché, mais en faisant profiter de façon plus juste les salariés des résultats. Une vision qui me paraît illustrée par un certain nombre de patrons "sociaux" des années 60-80 (Antoine Riboud, François Michelin, Edouard Leclerc...), qui ont été depuis remplacés par des requins nettement moins soucieux de progrès social que de cash-flow. Ta vision de l'entrepreneur me paraît dater de quelque part entre Marx et Zola. La réalité est un peu plus complexe.
Tertio, pourquoi qualifier Alain Dolium de "néo-libéral notoire" ? Tout créateur d'entreprise est-il forcément un néo-libéral ? Tout patron est-il forcément un néo-libéral ? Là encore, je trouve ta vision légèrement caricaturale. Que Dolium ait créé une entreprise, c'est une chose ; qu'il soit pour autant dénué de toute préoccupation sociale et partisan d'une dérégulation à tout crin de l'économie, c'en est une autre que tu sembles supposer mais que tu ne démontres pas. Personnellement, je n'ai pas eu l'impression hier soir d'avoir en face de moi un néo-libéral, et encore moins un "néo-libéral notoire".
Et quarto, pour ton information de futur salarié, le "middle-management" n'est pas un métier ; non plus que "la stratégie marketing".
Amicalement,
Brandir le mot capitalisme comme un vilain mot n'est pas forcément très productif.
Il faut simplement le remettre à sa place, c'est à dire sous le politique, au niveau juridico-économique (pour reprendre les termes du livre de Comte-Sponville "le capitalisme est il moral?")
Ce qui doit être fait aujourd'hui, c'est simplement mettre plus de politique au dessus du capitalisme pour éviter que ce dernier ne se charge de la politique, forcément mal car il est "amoral", en ce sens que sa seule préoccupation est de faire du profit (sachant qu'un comportement amoral peut conduire à des actes immoraux, mais l'intention n'est pas immorale)
Mais si le capitalisme en tant que système économique ne sera jamais social "pour être social" il peut l'être dans la mesure où il prend conscience que la prise en compte des aspects sociaux et environnementaux est nécessaire pour conserver du profit à long terme : en gros on ne tue pas ses ouvriers à l'ouvrage quand on veut durer longtemps.
Un capitalisme qui remet le long terme avant le court terme, serait forcément social. Sauf que l'appat du gain étant ce qu'il est...
Donc si on entend "capitalisme social" comme la volonté de mettre du politique pour "penser long terme à la place des entreprises qui ont le nez dans le guidon", et mettre en place les règles pour que le profit court terme aille dans le sens du profit long terme, alors oui, cela peut avoir un sens.
Déjà, si l'on arrêtait de confondre allègrement capitalisme, libéralisme et surtout financiarisation...
Le capitalisme a pour vertu de favoriser les moyens de production et non pas d'enrichir les actionnaires au détriment desdits moyens de production et de l'objet social comme c'est le cas de nos jours...
Sa finalité est tout de même la prospérité de tous sur le long terme. Or, la financiarisation de notre système économique est un effet pervers, une déviance du capitalisme qu'il faut combattre...
Bref, éviter de sombrer dans une toute-puissance de la main invisible...
Mais la France politique ne sait raisonner depuis plus de 30 ans qu'en termes absolus, ce qui a interdit l'émergence d'une véritable force démocrate et/ou centriste.
On ne sait opposer que l'antilibéralisme de la gauche à l'interventionnisme de la droite classique, et maintenant à la néo-aristocratisation de cette droite dite "décomplexée"...
Il y a quand même un désert idéologique à occuper entre les deux, désert que les forces démocrates entendent bien se réapproprier...
Beaucoup de chose pertinentes ont déjà été soulignées en particulier par Christan Romain.
Alain Dolium ne s'est jamais défini comme un « un homme de gauche ». Il a dit qu'il a voté à gauche en 2002 et que c'est lié à son origine sociale. Puis a ajouté que le PS est tellement à côté de la plaque sur les questions d'économie de marché qu'il avait besoin de trouver une ligne politique plus réaliste qui réponde plus à ses attentes!
Ton orientation politique n'est pas définie à vie par le premier bulletin de vote que tu mets dans une urne!
Et tu l'apprendras également, on évolue tous les jours sous l'influence des gens qui nous entourent, et en particulier de nos études. Le discours d'Alain Dolium est très clair! Il est dans la ligne politique du MoDem.
Quid des noms figurants sur la liste du 92 ??
@S. Gilbert
Si, il a dit qu'il se "définissait" comme "un homme de gauche", le jour où il a été présenté à l'Union régionale l'IDF, au siège du MoDem.
Qu'est-ce que ça m'agace ces références à la "gauche" et à la "droite" car tout le monde pense immédiatement au PS et à l'UMP alors qu'on devrait raisonner en termes démocrates contre néo-conservateurs...
Je ne raisonne pas en terme de droite et de gauche, mais en terme d'idées.
Or le modèle économique des années 1980 semble atteindre ses limites : il serait bon d'en concevoir un autre totalement nouveau, en arrêtant de se placer dans un cadre de "capitalisme".
Le plus ennuyeux reste tout de même que le Dolium en question ne parle jamais de Développement Durable : hier soir lors de sa rencontre avec les adhérents du MoDem 92, pas une seule fois il n'en a été question, pas plus que d'écologie ou d'environnement ou même d'Europe d'ailleurs !
(les liens entre la région et l'Europe ne sont pas à négliger)
Euh, Serge, mon commentaire était destiné à la réflexion d'Alain Dolium "homme de gauche"...
En réponse cependant à ce commentaire, je crois que le problème ne vient pas tant du capitalisme mais de la financiarisation de l'économie conjuguée à une volonté d'absolutisme libérale.
Le laisser-faire est une aberration lorsqu'il finit par pervertir le capitalisme lui-même.
Ce n'est pas pour autant qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain.
Je pense que le libéralisme dans ses fondements s'accommode parfaitement de l'humanisme si ce n'est qu'il lui faut une juste dose de réglementation et d'interventionnisme. :D
Capitalisme social, communisme neo-liberaliste.... Les deux fonctionnent. La chine n'est-elle pas dans un pseudo communisme neo liberaliste??? Quant à l'association entre capitalisme et social, je ne vois rien d'incompatible là dedans, c'est ce qu'on a fait pendant longtemps... Disons jusqu'aux années 70-80... A l'époque ou tout était encore possible, où notre société comportait du rêve, où les profits du capitalisme n'étaient pas encore concentrés entre les mains de quelques uns.... Où ces profits étaient quelques peu modérés....
Je suis d'accord par contre, de nous jours, capitalisme et social sont bien éloignés....
(http://diplolitique.over-blog.com/) <-- Ma vision
Bonjour Serge,
Je suis d'accord en tout point avec votre billet. Moi aussi, la candidature de Dolium me met mal à l'aise. Quitte à jouer la provocation, j'ai l'impression que l'interessé s'est trompé de casting. Il s'est fait élire sur une image, un profil marketing, censé symboliser (voire incarner), la diversité, la réussite républicaine... Cette démarche là est habituelle à l'UMP. Au MoDem, je pensais que nous avions un peu plus d'exigence.
Quant aux idées, elles me semblent inquiétantes à force d'être creuses et superficielles. Le capitalisme social, c'est quoi ? Le sait-il lui-même? En tout cas pour moi, cela se rapproche davantage du captitalisme "moralisé", voire "refondé", que prône Sarkozy avec sa pseudo-rupture que de l'humanisme de Bayrou : ce dernier n'avait-il pas affirmé que la question n'était pas de moraliser le capitalisme, mais de le dépasser pour arriver à un nouvel humanisme (la liberté d'entreprendre faisant partie des composantes de cet humanisme). Mettre l'homme au centre, ce n'est pas aménager le libéralisme, c'est penser autrement, avec un nouveau système de valeurs. Je ne suis pas certaine que le sourire Colgate de Dolium incarne aussi ces idées-là...
@ jacques-henri
Je ne suis pas d'accord avc toi quand tu dis qu'Alain a répondu à côté de la plaque à ta question relative à la pauvreté. Lutter contre la pauvreté, c'est notamment lutter contre l'exclusion sociale et donc oeuvrer pour une meilleure cohésion sociale.
Bien amicalement
Marie eve
@ Martine Bonnin
A vous lire, j'en déduis que vous préféreriez que tous les candidats investis par le MoDem aient des dents pourries...
@ martine : pas forcément les dents pourries, mais un nombre d'heure significative de travail au sein d'un parti, une certaine discipline intellectuelle et relationnelle.
j'en profite pour revenir sur le "capitalisme social" et le cliché "l'homme au centre de l'économie". Dit comme ça, c'est du blabla. c'est un peu comme si je déclarais peindre la maison en rouge : quel rouge ? tout rouge ? l'intérieur ? l'extérieur ? les deux ? ...
à ce niveau de généralité, on ne prend pas de risque ... ni le risque de décevoir, ni le risque de convaincre. c'est juste pour faire un peu tendance !
Au sujet des mots Capitalisme social.
Le capitalisme, c'est un système économique dans lequel le capital est rémunéré. On (un particulier, un fonds d'investissement, une entreprise, une banque..) est incité à investir dans telle ou telle activité parce que l'investissement rapporte de l'argent.
Dans ce système, les travailleurs mettent à disposition leur force de travail qui "complète" le capital. C'est principalement comme ça que fonctionnent les activités économiques partout dans le monde.
L'adjectif social suppose apparemment la solidarité, la fraternité, les politiques sociales, tout ce que vous voulez. Cela peut exister dans un système capitaliste : les syndicats et l'Etat ont un rôle à jouer. La Sécurité sociale, le Code du travail et les HLM ont été inventés dans des pays capitalistes.
Il ne faut pas confondre le capitalisme (un système économique) et le néo-libéralisme qui est une idéologie intégrant notamment une espèce de religion du marché, censé être capable de tout réguler. C'est ce que fait la gauche radicale, qui à mon avis se trompe. Il ne faut pas faire cette erreur au MoDem.
Belle unanimite des 12 listes en lice en Ile de France pour rejeter le liberalisme !