Il y a quelques semaines encore, François Bayrou s'ancrait dans une stratégie irréalisable : se poser en centre de gravité de l'alternance, du haut de notre score transcendant aux élections européennes, et tendre la main à la gauche avant le 1er tour. Cette stratégie-là était illisible pour notre électorat, sur le fond comme sur la forme, nous étions nombreux à en convenir.

Il ne s'agit donc pas d'un "retournement de veste" de la part de ces "quelques dizaines" de Conseillers nationaux : gardons bien à l'esprit que l'autonomie de premier tour — annoncée dès l'Université de Rentrée — était de loin la solution préférée des militants, face à la main tendue à la gauche initiée par Marielle de Sarnez.

Mais "autonomie" ne signifie pas "seuls". Pendant les débats de ce matin, il était en effet question d'alliance avec de plus petites formations politiques, comme par exemple les partis régionaux.

Enfin, si nous partons avec Europe-Écologie dès le 1er tour, la victoire ne sera pas la nôtre mais la leur. Dès lors, nous aurions toutes nos chances de nous retrouver sans une place éligible sur leur liste, au moment où ils fusionneront avec le PS pour passer devant l'UMP au second tour...

Photo : AFP/Jean-Pierre Muller