La fin d'un cycle ?
Par Serge le mardi 20 octobre 2009, 20:08 - Billets d'humeur
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Commençons par dresser froidement un constat :
il est beaucoup plus facile de tirer son épingle du jeu à l'UMP qu'au
MoDem, y compris pour les jeunes. Certes pressurés, beaucoup de ces
jeunes UMP sont mis en valeurs dans leur parti : jeunes en politique,
jeunes tout court, parfois même les deux à la fois.Jusqu'ici, le MoDem n'a pas fait preuve d'une grande volonté de rénovation dans ce sens : on attribue les postes de "Jeunes Démocrates" qu'en remerciements de plusieurs années de bons et loyaux services à l'UDF, on n'investit pas de jeunes aux élections*, on s'applique à ne pas mettre en avant les nouveaux élus locaux qui ont parfois fait des scores sans précédent, absence du critère de légitimité dans les investitures, etc.
Là encore, les personnalités les plus éthiques ou solides sont souvent celles qui ne réussissent pas le mieux en politique, tel que nous l'ont prouvé les derniers parachutages.
Ce formatage du personnel politique en in-siders excluant les out-siders, presque indispensable pour prendre la main — sans tomber dans les excès du « Tous les mêmes » —, a formé à terme une "caste" (y compris au MoDem), qui souhaite plus que tout se maintenir et se perpétuer : multiplication des dissidences artificielles, maîtrise des médias, découpage des circonscriptions, durcissement des règles en matière de financement, ...
Les conséquences en sont connues :
- essor de la corruption, mobilisation de l'effort pour la réélection plus que pour le projet, et donc mauvaise gestion. Le cas Nicolas Sarkozy en est une parfaite illustration, comme n'a pas manqué de le souligner Jean-François Kahn, dans son bloc-notes de la semaine dernière. Selon lui, chaque nouvelle loi de cette diarrhée législative ne fait que surfer sur un feu de paille médiatique — « réactivité exemplaire ! » ;
- dégoût de ladite "caste" et désaffection des partis traditionnels — fait plus prononcé depuis les déceptions qu'ont suscités des personnalités comme François Mitterrand en 1981, Jacques Chirac en 1995, etc. —, et donc baisse de l'importance donnée aux étiquettes politiques. C'est ainsi que s'est constitué électorat flottant, dont la capacité de bascule est de plus en plus importante.
Il suffit de se pencher sur les derniers résultats électoraux pour le confirmer : succès du Front National en 2002, grand chelem du PS en 2004, montée de François Bayrou en 2007, énième bascule vers le PS en 2008 puis, dernièrement, succès d'Europe-Écologie lors des élections européennes de juin 2009. Nous parcourons là un panel large du paysage politique...!
Pourtant, les derniers sondages pour les élections régionales donnent le MoDem au niveau du Front de Gauche : ce n'était pas la promesse de 2007. Or certains militants restent, encore aujourd'hui, attachés à ce que le mouvement représente (je pense à "l'esprit de Seignosse"). Tous ceux qui étaient là pour d'autres raisons, tous ceux qui sont venus pour François Bayrou, pour construire « un parti qui soit un modèle en matière de gouvernance », pour acquérir rapidement un poste ; tous ceux-là sont déjà partis. Partis sans aller ailleurs dans les deux premiers cas, partis dans d'autres groupuscules politiques — où ils ont dans quelques cas réussi — dans le troisième cas.
Est-ce la fin d'un cycle ? Ou bien est-ce la fin tout court ?
Devant l'instabilité du dispositif Europe-Écologie, en partie contrôlé par Les Verts pour ce qui est de l'administratif, le MoDem reste à ce jour la marque connue la plus à même de susciter la naissance du grand Parti démocrate que nous appelons de nos vœux.
Dans une phase très difficile, il n'en reste pas moins un parti de taille importante, avec beaucoup d'adhérents (bien que le chiffre exact soit plus proche de 25 000 que de 40 000), avec des élus locaux, et connu de l'opinion.
Il est donc également possible de repartir : c'est très rapidement qu'il nous faut prendre ce virage.
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* exception faite de l'Île-de-France, aucun candidat inéligible aux européennes n'avait moins de 30 ans !







Commentaires
"Jeune" n'est pas une compétence, c'est un état.
A partir de là, ce n'est pas aux jeunes d'attendre quelque chose sans rien avoir prouvé auparavant.
Sinon une phrase me fait hurler : "on attribue les postes de "Jeunes Démocrates" qu'en remerciements de plusieurs années de bons et loyaux services à l'UDF"... c'est faux faux et archi-faux !
Déjà, il y a des élections alors "on" attribue rien, ce sont les militants qui décident eux-mêmes de leurs représentants.
Et je connais plein qui sont militants qui depuis 2006 ou 2007, se sont vus requérir par les suffrages internes des responsabilités, alors la phrase que tu sors est archi-fausse, ou demande à être étayée d'exemples précis que je n'ai pas.
Et bien moi, j'adhère entièrement. Il y a peu de place pour les jeunes, pour les Cap21, pour les nouveaux ou encore pour les militants au Modem. Et c'est une erreur grossière à mon sens.
C'est pour ça que j'ai adhéré aux promoteurs, c'est pour ça que je m'intéresse aujourd'hui à Terre Démocrate ou au GRID.
Tous ceux qui ont cru à la politique autrement et à la troisième voie de 2007, à l'esprit de Seignosse, sont aujourd'hui dégoûtés et comme le dit Serge, beaucoup sont déjà partis.
Moi je reste pour l'instant.
Je crois encore (de moins en moins, mais encore) qu'un sursaut est possible. Je l'espère toujours.
Je suis encore Modem, parce que je pense qu'Europe Ecologie n'est pas une solution d'avenir.
Parce que je soutiens toujours François Bayrou pour la présidentielle.
Parce que j'attends de voir ce que va faire Corinne Lepage.
Mais soyons clairs, je pense, comme certains l'ont très justement écrit récemment, que les démocrates ont acquis une identité politique, et que cette identité dépasse désormais l'appartenance au Modem.
Le deal est simple... Soit le Modem réagit et se relève et je serais sur la première ligne à nouveau, soit il ne le fait pas, et j'irais ailleurs.
Il y a un temps pour tout. Le combat des militants, j'y ai participé et je n'en ai plus envie. Ca devient pénible et cela revient à gaspiller nos énergies.
Et être un pion dans un appareil politique traditionnel ne m'intéresse pas.
Mais comme le dit très justement Serge, je pense que pour l'heure, cet ailleurs n'existe pas encore.
@Gilles
Tu sais bien que je ne fais pas dans le "jeunisme" !!
Je parle de tous ceux (jeunes en âge et/ou en politique) qui ont prouvé leur potentiel et qui ne sont pas mis en valeur par le mouvement — ils auraient, au moins à court terme, mieux tiré leur épingle du jeu à l'UMP.
Note enfin que les responsables JDem ne sont pas élus mais PLÉBISCITES dans la plupart des cas.
Notre marque est notre identité politique, pas un parti politique. Les démocrates ne sont pas seulement au MoDem. L'esprit de Seignosse, beaucoup de militants qui sont parties l'ont emporté avec eu. Il ne reste qu'une "structure" sans âme avec des figues qui font leur valise.
Au plaisir de te lire ;-)
Arf ! je viens d'apprendre une nouvelle qui confirme qu'on est bien à la fin d'un cycle.
Mort de rire... Finalement je vais rendre ma carte tout de suite LOL
Quatrième ligne du texte : "pressurés", pas "pressurisés"... ;-)