Quel projet et quel programme régional ?

Au-delà donc des opinions des uns et des autres sur ces stratégies d'alliances — à mon sens, seule une alliance des forces de progrès (démocrates et écologistes dans un premier temps) aurait vraiment du sens, et pourrait être gagnable dans quelques régions —, il n'est pas pertinent de discuter des stratégies d'alliances avant d'avoir défini clairement un vrai projet.

En effet, nous ne disposons pas de projet fort, typé, qui clive, et qui fasse des négociations électorales un débat sur le fond et pas uniquement une discussion sur la répartition des places éligibles.

Il est curieux, à ce titre, qu'il soit impossible de définir en quelques mots le projet du MoDem : or sur le terrain, se réclamer de valeurs humanistes et éthiques limite grandement nos chances de gagner.

Définir des axes stratégiques forts

Concrètement, les Commissions nationales travaillent depuis plusieurs mois sans axes stratégiques. Nous nous retrouvons ainsi avec un ensemble de propositions disparates, pouvant aller d'idées très libérales à des concepts radicalement opposés.
De surcroît, l'organisation scolaire qui est actuellement celle des Commissions, par catégories et sous-catégories, limite le travail programmatique pouvant être réalisé.

C'est donc notamment un véritable travail transversal, par grandes thématiques par exemple, qui nous permettra d'émettre des propositions fortes et d'avoir un authentique débat d'idées, sans nous limiter à des listes à la Prévert de propositions sans grande cohérence globale.

En l'absence de ce travail préalable à toute discussion avec d'autres partis ou courants de partis, il est assez absurde de discuter de stratégie d'alliances aujourd'hui.

Depuis 2008, le risque de passer pour opportunistes effraie à juste titre

Le fiasco médiatique des municipales de 2008 — sur lequel nous ne reviendrons pas, bien que beaucoup soit à dire dessus —, qui effraie certains de nos militants en vue des perspectives futures, conduit à un raisonnement erroné en la matière : l'idée qu'il fasse impérativement conduire des listes autonomes au 1er tour, en nous limitant ainsi à une alliance de circonstance au 2nd tour. À ce sujet, de nombreuses contributions sont assez incohérentes, d'autant que notre score aux Européennes de juin ne nous confère pas ni un poids important dans les négociations, ni une très grande valeur marchande.

Les déclarations officielles suivant le Conseil national du 4 juillet, tautologiques, semblent aller dans ce sens, sans même évoquer la question du projet.

Dans ce contexte, la réalisation rapide d'un travail émergeant sur des propositions fortes, clivantes et venant de la base afin d'arriver progressivement aux grandes lignes d'une doctrine, devient donc plus que nécessaire.